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Face à un manque de communication de la part de la direction d’Accenture SAS, les représentants syndicaux de la société, CFDT en particulier, ont décidé de combler ces carences auprès des 4 400 salariés. Guides pratiques, lettres d’information, sondages et autres prises de contacts se sont multipliés.
C’est l’absence de réponse de la DRH aux demandes répétées de salariés sur les dates de fermetures annuelles de la société, il y a six ans, qui a causé cette prise de conscience et d’initiatives de la section syndicale CFDT.
Informer régulièrement pour garder l’attention le moment venu

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Le retour de cette initiative est rapide : de 50 à 60 nouvelles personnes s’inscrivent à la newsletter du syndicat chaque mois, et aucune désinscription n’est à déplorer signale Valérie Quéhen, également présidente de la commission Communication du CE. Une fois par semaine, l’équipe CFDT Accenture se réunit pour faire le point sur les sujets à traiter, les informations à donner, décider qui fera la newsletter, qui la relira et qui la diffusera. Dans la lettre, s’ajoutent tout de même aussi les actions « utiles » menées par la section syndicale dans l’entreprise, mais toujours sur le ton de l’information. Ce subtil mélange a pour but d’informer, tout en promouvant l’image du syndicat.
A la différence des newsletters des autres sections syndicales de l’entreprise, les deux à trois envois par mois de la CFDT traitent d’un seul sujet à chaque numéro, rédigé par le négociateur ou le syndicaliste « spécialisé » sur le sujet. Ainsi, pas moins de trois numéros sont consacrés aux NAO et aux grilles de salaires, un thème très sensible pour les salariés. « Nous préférons aller au fond d’un sujet sur plusieurs pages, plutôt que de le survoler, explique Valérie Quéhen. C’est un moyen de susciter d’autres questions, de prendre contact… », de montrer l’expertise du syndicat aux salariés et de cultiver l’image de syndicalistes fiables et « pros », pour le moment venu…
Sondage, permanence et guides pratiques
La démarche de la section syndicale s’est rapidement structurée face aux demandes croissantes des salariés. A défaut de réponse de la part de la direction des ressources humaines, le syndicat reste le lieu où les salariés trouvent les réponses à leurs questions. Après les premiers mailings d’information sur les questions récurrentes, la section CFDT d’Accenture SAS a mis en place une boîte e-mail gérée par un permanent. Quotidiennement, il répartit les demandes des salariés vers les élus ou représentants syndicaux désignés pour répondre à chaque thème.
Les syndicalistes réalisent également des guides sur les thèmes les plus demandés comme le congé parental, la rémunération, la mutuelle, la mesure de la performance, les frais de mission, etc. et consultables, soit sur le site internet de la section, soit sous format papier dans l’espace commun de l’entreprise. « Depuis trois ans, nous réalisons aussi des sondages tous les trimestres, sur les mêmes sujets récurrents, les salaires, les primes, la participation, etc. Sur tous les sites d’Accenture, Paris-Tolbiac, Sophia Antipolis, Toulouse et Clermont-Ferrand, les gens peuvent répondre par e-mail ou directement par papier. Cette deuxième option leur donne l’occasion de venir nous voir et de repartir avec des goodies. Ensuite, nous transmettons les résultats à la DRH », détaille la présidente de la commission Communication. « L’idée est de faire bouger la direction sur certains points et de montrer à tous les salariés – pas seulement ceux qui soutiennent la CFDT – qu’on porte leurs revendications. On fait le job ! »
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Les nouveaux entrants : un public syndical à soigner
Dernière initiative de la section syndicale CFDT Accenture : le suivi des nouveaux arrivants, au nombre de 50 à 100 par mois. La prise de contact commence avec un e-mail de bienvenue qui fournit au nouveau salarié, le guide du nouvel entrant, des informations pratiques sur le fonctionnement de l’entreprise, les guides pratiques précédemment cités et une invitation à venir au local syndical chercher un petit cadeau. Une démarche qui serait plutôt digne d’une DRH. Au bout de cinq mois, c’est-à-dire vers la fin de la période d’essai, la section syndicale lui envoie un message avec quelques questions : est-ce qu’il ou elle se sent bien ; est-ce que le projet qu’on lui a confié correspond à ses attentes ; est-ce qu’il aimerait contribuer à l’organisation… etc. ? « 30 à 40 % des personnes répondent, mais peu acceptent de venir nous voir directement, relève Valérie Quéhen. La plupart préfère échanger par téléphone et réclame la confidentialité de l’entretien. » Se rapprocher d’un syndicat ne se fait toujours pas sans sentiment de culpabilité pour les salariés. La prochaine étape consiste, pour la CFDT Accenture, en l’analyse de ces retours et des actions à en tirer.
Philippine Arnal-Roux
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