Les compétences, la ressource clé du XXIe siècle

Le Congrès AEF Nouvelle vie pro a réuni une, une semaine avant le lancement officiel de l’appli CPF, les principaux acteurs de cette nouvelle étape dans l’évolution du marché de la formation professionnelle.

« Sur toutes les réformes de notre gouvernement, c’est la plus important de toutes », a affirmé Antoine Foucher, directeur de cabinet de Muriel Pénicaud venu ouvrir le congrès de l’AEF Nouvelle vie professionnelle à la CCI de Paris. « Les compétences, c’est la ressource clé, la ressource rare du XXIe siècle. C’est ce qui rend un pays attractif, une entreprise compétitive et qui donne à une personne la liberté de choisir sa vie professionnelle. » Pour le chef de cabinet, « l’enjeu de cette application est d’organiser la convergence des intérêts entre entreprise, individus et le pays. L’application est le fruit de 15 ans d’évolution du DIF au CPF »…

muriel penicaud_nouvelle vie pro-appli CPFUn peu plus tard dans la matinée, Muriel Pénicaud est venue à son tour rappeler « le défi colossal pour les entreprises et notre nation que représente l’accès aux compétences. Quand on sait que le taux de chômage des non qualifiés est de 18 %, le défi est clairement l’accès à la formation ». A partir du 21 novembre 2019 : 25 millions de Français pourront choisir leur formation certifiante ou qualifiante au travers de l’application internet.

La ministre a rappelé qu’à partir du 1er janvier 2020, l’application serait un outil pour le conseiller en évolution professionnelle, le conseiller Pôle emploi et qu’au printemps, la version n°2 permettrait aux employeurs et aux institutions publiques d’abonder le compte des individus.

 

Des garde-fous à mettre en place

ricordeau CFDT_appli CPF

De gauche à droite : Olivier Dhers, rédacteur en chef AEF info ; Bruno Lucas délégué à l’emploi et à la formation professionnelle au ministère du travail ; Georgette Bréard, vice-présidente Région Bretagne ; Pierre Courbebaisse, président de la Fédération de la formation professionnelle (FFP) ; Max Roche du Medef et directeur général adjoint d’Eiffage ; Yvan Ricordeau, secrétaire national CFDT et Valérie Sort de l’opco AKTO.

Au cours d’une première table ronde*, Yvan Ricordeau, secrétaire national de la CFDT, a considéré que l’application ne réglerait pas les inégalités sociales en termes d’accès aux compétences, ni tous les enjeux sociaux qui y sont liés. En revanche, il a insisté sur la nécessité de mettre en place des garde-fous afin de s’assurer que l’application ne soit pas déterministe et que les choix soient libres et non faussées (quels algorithmes sont utilisés ?). De plus, si on présente aujourd’hui une application sociale et avant tout à usage individuel, quand est-ce que viendra l’appli « abondement » ?

Parmi les commentaires des autres participants à la table ronde, Georgette Bréard, vice-présidente de la Région Bretagne a regretté que ni la ministre ni son chef de cabinet ne mentionnent le rôle central des Régions dans la formation professionnelle.

 

Le rôle de France compétences

stephane lardy_france competencesStéphane Lardy, directeur général de France compétences a rappelé l’objectif de l’institution : donner de la visibilité à l’ensemble des acteurs de la formation professionnelle. Parmi les missions de France compétences il a cité : la convergence des prix, le suivi de l’action des opco, des enquêtes sur la qualité de service.

 

 

Etre en capacité de démontrer l’efficacité de la formation

alain druelle_appli CPF« Délivrer des formations en blended learning (mélange de distanciel et de présentiel) nécessitent des fonds et d’investir dans des outils, a commenté Alain Druelle, conseiller, ministère du travail. C’est le modèle économique des organismes de formation qui change ! La formation doit être considérée comme efficace, c’est-à-dire qu’elle doit démontrer sa capacité à mettre en application ce que l’on a appris. »
La complexité de l’accès à la formation professionnelle est aussi un sujet central, a-t-il ajouté. En effet, si « l’appli CPF » a mis si longtemps à être créer, c’est qu’il est complexe de vouloir simplifier cet accès.